La déménagerie

En 1941 - donc sous l'Occupation - une famille de
cultivateurs, sept enfants, quitte sa petite ferme pour
une grande à cent dix kilomètres de là : préparatifs,
voyage sur des charrettes, installation... À l'échelle
bocagère, une sorte de Ruée vers l'Ouest !
Maître de champs plus vastes, Victor s'augmente lui-même
sous les regards d'autres paysans et sa famille
ressemble à celle des pionniers, sans que soit perturbée
jamais l'entente avec Marguerite.
Nous sommes alors au coeur d'une ferme, lieu rarement
exploré par la littérature, et les intempéries
mémorables se mêlent aux travaux agricoles,
tandis que vivement défile toute la vie rurale en
cette période troublée, avec nombre de figures
villageoises, ou animales, puis les événements de la
Libération, et encore le mariage des filles... En fait,
ce roman n'est que bavardage, comme autour de
la table lorsque le jour est bas, les histoires de ceux
qu'on a connus s'appellent l'une l'autre entre les
tasses. Ce serait sans fin s'il ne fallait - tiens, la pluie
s'arrête - se lever, retourner à l'ouvrage.