Pierre Dac : mon maître 63

Pierre Dac mon maître 63
Si Pierre Dac (1893-1975) n'avait pas existé, une certaine
forme d'humour resterait à inventer : l'humour loufoque.
Ses innombrables admirateurs n'ont pas oublié ses sketches
débités d'une voix monocorde ni ses Pensées , dont l'une des plus
célèbres demeure : « Celui qui est parti de zéro pour n'arriver
à rien dans l'existence n'a de merci à dire à personne. » Mais
qui connaît l'homme caché derrière le masque imperturbable
du comique ?
Humoriste, Pierre Dac était aussi un homme fragile, angoissé, que
la vie a peu épargné et qui a vécu presque toutes les grandes heures
du siècle. Héros de la Première Guerre mondiale, il commence
après l'armistice une carrière de chansonnier, participe à la
naissance de la radio moderne, crée un hebdomadaire intitulé
L'Os à moelle , rejoint de Gaulle à Londres en 1943 pour mettre
sa verve au service de ces « Français [qui] parlent aux Français ».
Après la guerre, il rencontre Francis Blanche, son fils spirituel,
et imagine avec lui le fameux feuilleton radiophonique Signé
Furax qui fit rire des millions d'auditeurs tout au long de ses
1 034 épisodes. Aujourd'hui encore, près de quarante ans après
sa mort, Pierre Dac demeure le maître incontesté de nombreux
humoristes, affirmation à laquelle, de son vivant, il avait
l'habitude de répondre : « Je ne suis pas votre maître. Étant
donné ma hauteur, je suis votre maître soixante-trois. »