Les communistes grecs et l'Union soviétique : histoire de la scission du Parti communiste de Grèce

Chemins de la Mémoire
Série XX<sup>e</sup> siècle
En 1968 le Parti Communiste de Grèce s'est scindé en deux : à l'époque de mai 1968 et à celle du Printemps de Prague, la scission du KKE marquait, d'une manière latente mais réelle, la crise du « socialisme réellement existant ». Que pouvons-nous dire de cette scission ? Par une convergence inattendue, le « combat » sécessionniste d'une poignée de « dissidents », bien expérimentés et instruits politiquement en URSS, ignorés par l'immense majorité de la population mondiale, rejoignait celui des pays qui avaient critiqué ou dénoncé, de manière plus ou moins explicite, la prééminence soviétique dans le monde. La scission du KKE n'était pas un cas isolé : l'intervention en Tchécoslovaquie (août 1968), les réticences roumaines vis-à-vis des tentatives soviétiques visant à établir une coordination soviétisée du Commandement militaire du Pacte de Varsovie (1974), et la crise en Pologne conduisant à l'arrivée du général Jaruzelski au pouvoir, soulignaient la dégradation continue de l'image de l'URSS dans le monde. La scission du KKE doit être évaluée à la lumière de ce contexte historique.