Les fils de Lear : E. Glissant (Martinique), V.S. Naipaul (Trinidad), J.E. Wideman (Etats-Unis)

La folie du roi Lear est une errance toute personnelle en
même temps qu'un questionnement universel sur la paternité
en ce qu'elle est confrontation entre la loi symbolique et le
désir. La difficulté d'assumer la loi symbolique, de se référer
au Nom-du-Père, problème que rencontrent sans doute tous les
sujets humains, s'inscrit, pour des auteurs antillais ou noirs
américains, dans une relation spécifique à l'histoire collective.
Les trois auteurs dont il est question ici, Édouard Glissant,
V.S. Naipaul, John Edgar Wideman, originaires de lieux différents,
auteurs de langues et de cultures différentes, sont cependant
réunis par une situation historique et politique (celle de
sujets post-coloniaux ou néo-coloniaux) dont le point commun
est qu'ils sont tous issus de la «traversée du milieu». Pris
dans ce noeud historique, ils témoignent d'une difficulté, à la
fois universelle et singulière, à penser leur discours et leur
expérience dans le champ d'une loi symbolique et d'une filiation.