Soins curatifs, soins palliatifs : leurs différences et leur complémentarité

Pourquoi rassembler soins curatifs et soins palliatifs dans un même ouvrage ?
Parce qu'il n'y a pas d'endroits, pas de services hospitaliers, pas de disciplines
médicales où les artisans de la médecine puissent se permettre de négliger la
dimension humaine de leur métier, de leurs travaux, de leurs recherches. C'est
d'ailleurs à partir des préoccupations scientifiques et techniques volontairement
ou involontairement séparées des préoccupations de soins et
d'accompagnement que la médecine s'est déshumanisée jusqu'à ne plus
connaître et nommer le malade que sous l'angle de sa pathologie.
C'est sur ce terrain miné de la déshumanisation de la médecine que, comme
l'on sait, les soins palliatifs se sont mobilisés en faveur de l'écoute et de
l'accompagnement des grands malades en fin de vie. Mais ceci étant, la
tentation existe pour la médecine curative d'enkyster la mort dans des lieux
spécifiques, ce qui la dispense d'avoir à se soucier d'un accompagnement
qu'elle juge ou qu'elle croit n'être réservé qu'à des malades en fin de vie. Il en
résulte une dichotomie entre médecine curative et médecine palliative dont
les patients, et jusqu'aux familles, font les frais. Non qu'ils se plaignent d'être
mal soignés, mais bien d'être peu accueillis, mal écoutés, pas compris en tant
que personnes à part entière.
La poursuite des progrès en médecine dont personne ne conteste la nécessité,
dont tout le monde salue les extraordinaires développements, doit aujourd'hui
avoir pour contrepartie indispensable l'accompagnement humain et
spirituel des malades et des mourants, quel que soit le service où il est pris
soin des uns et des autres.