France-Allemagne : figures de l'intellectuel, entre révolution et réaction : 1780-1848

De la mort de Voltaire à la révolution de 1848, les
savants, philosophes et écrivains redéfinissent leur rôle
politique, dans le sillage d'une Révolution française
perçue comme étant l'oeuvre des philosophes. Les
intellectuels s'interrogent sur les effets politiques de leurs
textes, les conditions d'une participation aux charges
administratives et éducatives, de leur fonctionnarisation
ou d'une prise de parole qui touche un public plus large
que le cercle savant.
À rebours d'une histoire qui les présente en héros sous
la forme de l'opposant ou du grand écrivain, les études
réunies ici mettent en lumière les rapports de force
inhérents aux réseaux d'intellectuels et les conceptions
parfois divergentes qu'ils développent, notamment sur la
pureté du savoir théorique. À travers l'étude de certaines
figures marquantes telles que Johann Gottlieb Fichte ou
Germaine de Staël, de réseaux comme celui des membres
de l'Institut ou d'événements comme l'affaire des «sept
de Göttingen», cet ouvrage éclaire aussi bien la dimension
sociale que réflexive de ces prises de position politiques.
L'approche se veut ici pluridisciplinaire, associant
analyses historiques, littéraires et philosophiques ; elle
met en évidence les effets de miroirs entre intellectuels
français et allemands, et revient sur la revendication de
généalogies occasionnellement transfrontalières.