De la volonté de vérité à la mort de Dieu : l'amplitude des allures vitales de la connaissance nietzschéenne

Nous proposons deux gestes pour décrire la pluralité des valeurs de la connaissance :
un regard biomédical dans la première section puis métabiologique dans la seconde.
Le premier geste montre que la théorie nietzschéenne de la connaissance suppose la
compréhension des concepts santé-maladie et toute l'amplitude de leurs relations.
Il s'agit de mettre à jour, à partir d'une interprétation de l'aphorisme 344 du Gai
Savoir de Nietzsche, une dialectique vérité-mensonge - de la vérité bienfaisante à
la vérité comme poison. Dès lors, au coeur de la théorie de la connaissance, une
dialectique santé-maladie laisse apparaître les différentes allures que prend la Vie se
faisant connaissante - du sain au pathologique.
Le second geste montre que l'ouverture de la connaissance à toutes les allures de la
Vie est la Mort de dieu. Cette seconde approche est métabiologique : elle inscrit les
valeurs de la connaissance dans l'horizon d'une philosophie de la Vie non réduite à
la polarité nietzschéenne de la santé et de la maladie. Maintenant l'objectif de décrire
les allures que prend la Vie dans la connaissance, elle laisse de nouveau apparaître
les valeurs pour la Vie de l'exigence de vérité mais en assimilant l'amplitude de ces
valeurs à la Mort de dieu. Dès lors, la signification restreinte de la connaissance
(se rendre immortel) qui était rémanente depuis Platon, s'en trouve bouleversée :
en les ouvrant à la Mort, la Mort de dieu démultiplie les allures Vitales de la connaissance.
C'est là une manière pour la Vie, sous la forme de la connaissance, non seulement de
se reformuler, mais de se métamorphoser et de renaître, de grandir.
A la fin de l'ouvrage, le biologiste Guillaume Baptist, lecteur personnellement et
professionnellement touché par Nietzsche, propose une réponse, écho de la science à
la philosophie inaugurant un nouveau dialogue entre philosophie et biologie.