Ballets pour Louis XIII. Vol. 2. Ballets burlesques pour Louis XIII : danse et jeux de transgression (1622-1638)

De simple divertissement à l'origine le ballet de cour acquit
sous Louis XIII une dimension politique dont la portée
outrepasse la pure flatterie du souverain. À des fins de
gouvernement la monarchie s'appropria la symbolique de ce
genre dramatique encore neuf voué à l'évocation de
l'harmonie universelle pour en appliquer les vertus métaphoriques
à l'exaltation de sa propre puissance, dans un cadre
révélateur de l'organisation hiérarchisée de la société de cour
comme des États-nations européens. Le passe-temps originel
de la noblesse finit ainsi par se muer en représentation du
pouvoir, voire en instrument de propagande misant sur les sens
pour imposer l'autorité du monarque sur ses sujets.
Certes, nombre de ballets de cour, notamment dans les
années 1620, firent fonds sur un burlesque sans autre
prétention affichée que de réjouissance. Cependant, par eux-mêmes
ces ballets, souvent commandités par de grands
seigneurs, avaient valeur de contrepoint, ambivalent, de la
culture officielle du pouvoir en ce qu'ils récupéraient des
éléments de culture carnavalesque autorisant une pluralité de
voix et de points de vue, bientôt réduite au silence. Ainsi le
ballet, si asservi qu'il fût à la célébration du souverain et de la
monarchie, fut aussi le lieu, dans ses formes les plus ludiques,
d'une prise de conscience critique de l'exercice du pouvoir.
Le texte, gravures comprises, de la quasi-totalité des ballets
dansés par Louis XIII et Anne d'Autriche n'avait pas été
réédité depuis le recueil réuni par Paul Lacroix en 1868. Le
présent volume est consacré aux grands ballets politiques du
règne. Un second volume suivra, dédié aux ballets burlesques
auxquels participa le monarque.