La route est droite, mais la pente est forte ! : un an déjà

Le 5 mai 2002, Jacques Chirac était réélu à la présidence de la République par
plus de 82 % des Français. Le lendemain, il nommait Jean-Pierre Raffarin à
Matignon. Le 3 juillet, le nouveau Premier ministre lançait à l'Assemblée :
«La route est droite, mais la pente est forte !» Une raffarinade, qui fut le point
de départ du journal de bord de Marie-Noëlle Lienemann.
Après avoir dressé un bilan sans concessions de la défaite de Lionel Jospin
dans Ma part d'inventaire , le livre qui a fait l'événement de la rentrée 2002,
Marie-Noëlle Lienemann s'attache aujourd'hui à révéler le vrai visage de
Jean-Pierre Raffarin.
Voilà un «illusionniste» qui, loin d'avoir tiré les leçons du 21 avril, a «dupé
le pays», «confisqué» le pouvoir avec Jacques Chirac au profit des «copains
et coquins de l'UMP», usant de la communication comme d'un écran de
fumée destiné à masquer une grave remise en cause de notre modèle social et
culturel. «Son décalage de stature avec Chirac est patent. Il fait étriqué. Il a l'air
peu sûr de lui et sans prise sur les événements.»
L'auteur ne voit dans l'action du gouvernement aucune réponse
convaincante à la crise du politique : «Il ne suffit pas de parler de la France d'en
bas pour répondre à ses attentes !»
Aujourd'hui plus encore qu'hier, la République est en danger. Ce bilan, non
dénué d'humour, d'une année de gouvernement à droite est, sans nul doute, le
nouveau brûlot qui agitera - et agacera - la classe politique et l'opinion
publique françaises.