Le dialogue d'idées au dix-huitième siècle

Jacques Autreau (1657-1745), La Maison d'Auteuil , où sont réunis
Fontenelle, La Motte, Saurin, et Mme de Tencin apportant
le chocolat. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon, photo
RMN, Philippe Bernard
L'objet de cette enquête est de décrire la rhétorique
du dialogue comme genre littéraire et philosophique,
d'interroger cette double identité, d'en saisir les stratégies
et les figures et d'en connaître les enjeux. L'auteur explique
le développement du genre aux dix-septième et
dix-huitième siècles, les facteurs sociologiques, culturels
et idéologiques qui ont présidé à son succès. L'ouvrage
étudie successivement le poids de la tradition classique, le
succès d'une forme et les voies d'une méthode, avant
d'examiner la diversité de ses usages, depuis le dialogue
des morts jusqu'au dialogue philosophique proprement
dit, sans oublier les textes pédagogiques ou polémiques.
Ce travail reprend sous un jour nouveau la question des
rapports entre littérature et philosophie. Au dix-huitième
siècle, le dialogue d'idées s'inscrit dans un mouvement
critique d'interrogation du savoir et des modalités de sa
transmission. Tous les dialogues ont en commun d'installer
le discours philosophique sur une scène fictive, tant
il est vrai que le dialogue dramatise le mouvement de la
pensée comme il théâtralise le débat d'idées. Force est de
constater que de Fontenelle à Diderot, de La Hontan à
Voltaire, de Montesquieu à Sade, il est peu d'hommes de
lettres au siècle des Lumières qui ne l'aient pas cultivé.