L'exposition coloniale de 1931

Vue par 33 millions de visiteurs, l'Exposition coloniale
de 1931 sera la dernière manifestation de la bonne
conscience européocentriste.
De mai à octobre 1931, à l'est de Paris, s'installe dans le bois
de Vincennes la grande fête de l'imaginaire colonial.
Un décor de pagodes, de temples indochinois, de cases africaines,
de minarets arabes et de murailles sahéliennes. Un
théâtre de figurants piroguant sur le lac Daumesnil, servant dans
des cafés maures, dansant pour des publics émoustillés. Une féerie
de l'eau et de la lumière qui découpe, le soir venu, coupoles
et tours, en silhouettes magiques.
À l'invitation de la France et sous l'égide du maréchal Lyautey, les
puissances coloniales (sauf la Grande-Bretagne) présentent, exposent
et rivalisent d'exotisme ludique et de scénographie didactique.
Des millions de visiteurs se pressent à la rencontre de cette planète
rêvée où l'Occident se mire.
Ultime représentation à l'heure des premiers craquements annonçant
la fin des empires. Mais qui les écoute, une fois franchis les
guichets de la Porte Dorée ?