Les Cousins des Tricheurs : de la qualité française à la Nouvelle Vague

Dans un article désormais historique, «Une Certaine tendance
du cinéma français» paru en janvier 1954, François Truffaut jetait
l'opprobre sur (presque) tous les cinéastes et dialoguistes qui
tenaient le haut du pavé depuis deux décennies. Regroupés sous
l'étiquette de «qualité française», ils étaient selon lui responsables
d'un enlisement du cinéma français dans l'académisme le plus
stérile. Trois ans plus tard Truffaut passait derrière la caméra et
livrait sa propre vision du cinéma dans une des premières oeuvres de
la Nouvelle Vague. Avec la sérénité qu'apporte le recul, peut-on
toujours affirmer qu'il n'y avait rien à sauver dans cette «qualité
française» si dénigrée ? C'est ce que l'auteur a voulu vérifier en
disséquant deux oeuvres confrontées à une même problématique et
représentatives de l'une et l'autre tendance. Dans un contexte social
où la jeunesse occupait une place privilégiée, Les Tricheurs de
Marcel Carné et Les Cousins du tout jeune Claude Chabrol,
semblaient particulièrement propices à un «jugement sur pièces».