L'idée nationale en Italie : du processus d'unification aux déchirements de la guerre civile, fin XVIIIe-début XXIe siècle

L'idée nationale en Italie, sans être responsable d'une quelconque
«anomalie» italienne en Europe, revêt d'assez fortes singularités dans
ses fondements et ses caractéristiques. Elles ont déterminé pour le pays
une trajectoire propre, en tant que Nation, marquée notamment par une
difficile rencontre entre l'État et la Nation, par des interrogations récurrentes
sur l'identité nationale. Ce furent parfois, lors de certaines périodes
de crise aiguë, particulièrement à la fin de la Seconde Guerre mondiale,
l'unité du pays et le sentiment d'appartenir à une même entité nationale
qui furent en cause ; l'Italie ne fit alors pas l'économie d'une guerre civile.
C'est l'étude des fondements et de l'évolution de l'idée nationale qui
est au coeur de l'ouvrage, avec un éclairage particulier apporté à certaines
périodes clés de l'histoire du concept de nation : triennio révolutionnaire
de 1796-1799, Risorgimento évoqué au travers de la figure de l'un des
pères de l'Unité, Giuseppe Mazzini, ventennio fasciste, années 1943-1945
marquées par une lutte fratricide et l'effondrement de l'idée
nationale, reconstruction nationale sous le signe de la République démocratique
et de l'antifascisme, enfin crise de l'identité nationale sous l'effet
des bouleversements politico-idéologiques et des enjeux mémoriels des
années 1990 et 2000. Les interrogations sur l'idée nationale occupent en
effet une place de choix, depuis les années 1990, dans le débat public.
Si la recherche et la réflexion sur la question se trouvent, de fait, stimulées,
elles n'échappent cependant pas, de la part d'une partie des forces
politiques, à la tentation de l'instrumentalisation.