Du Shaba au Katanga : à propos du massacre d'étudiants de Lubumbashi et la période préinsurrectionnelle, 1990-1993

Que s'est-il réellement passé les 11 et 12 mai 1990 au campus
de l'Université de Lubumbashi, au Katanga (alors appelé Shaba) ?
Un «massacre» d'étudiants, imputé à des éléments de la très
redoutable Division spéciale présidentielle (D.S.P., la garde
prétorienne du maréchal Mobutu Sese Seko), comme l'ont souvent
affirmé les gens ?
Dans une analyse pénétrante et sans passion aucune, Esdras
Kambale Bahekwa, alors cadre de la Sécurité intérieure dans la
province cuprifère pendant cette période, montre que l'on ne peut
parler honnêtement d'un massacre, puisqu'un seul étudiant aurait
été victime de l'opération punitive « Lititi Mboka » ! C'est
l'UFERI, le «parti des Katangais», qui aurait monté cette histoire
de «charnier» pour discréditer le pouvoir de Mobutu qu'il détestait
éminemment.
Avec le même esprit d'un enquêteur «froid» qui fait défaut à
beaucoup de Congolais, Kambale range cet événement tragique
dans le cadre général d'une situation «pré-insurrectionnelle» qui
prévalait à l'époque (1990-1993) au Katanga. L'auteur rassemble
minutieusement toutes les pièces du puzzle pour reconstituer la
trame de l'histoire mouvementée de cette province congolaise
cherchant à entrer dans une ère nouvelle de démocratie.
Globalement, le récit de Kambale Bahekwa, assez simple et
vivant dans sa rédaction, donne un éclairage d'un intérêt historique
certain sur le Katanga des années 1990 et permet de comprendre
quelque peu le Katanga d'aujourd'hui.