Saint-Martin ou Le miroir de la mondialisation

Une île de 52 km<sup>2</sup>, à la limite nord de l'archipel des Antilles va bientôt faire parler d'elle. Saint-Martin est une zone de libre échange interne reconnue de droit, une partie du territoire appartenant à la France et l'autre aux Pays-Bas.
Toute l'île jouit de privilèges fiscaux autorisés pour pallier les handicaps des régions ultra-périphériques reconnus par la loi française comme par la Communauté européenne. La partie française, rattachée à la Guadeloupe, a voté massivement le référendum d'autonomie locale en décembre 2003 établissant une nouvelle collectivité territoriale dans le cadre de l'article 74 de la Constitution, fraîchement adopté par le Parlement. Cette nouvelle structure fusionnant les compétences de toutes les collectivités locales doit entrer en application en 2006 mais se heurte à l'inexpérience des cadres locaux.
Une méfiance grave s'installe entre la commune de Saint-Martin et l'Etat français. Va-t-on retrouver les errements de la décolonisation avec une stratégie d'empire dont les prétentions sont d'autant plus vaniteuses que les moyens sont insuffisants?
Qu'adviendra-t-il de la partie française si la réforme échoue, faute d'organisation ou de ressources suffisantes pour en assurer le développement? Le gouvernement élude la réponse et certains responsables de l'île prônent le retour au statu quo contenu dans l'article 73 de la Constitution française. Quelques leaders politiques lorgnent du côté hollandais et rêvent d'une unification du territoire...
L'alternative proposée aux citoyens de Saint-Martin sera déterminante pour son avenir: dérive de l'île vers un protectorat américain? Peut-être mais au détriment de l'économie solidaire et des règles de protection sociale.
Le renforcement des liens avec la Communauté européenne est l'autre alternative d'autant plus crédible que Saint-Martin peut jouer un rôle fondamental dans les liens économiques et politiques entre l'Europe, les Caraïbes et l'Amérique latine.