Le terminal des anges

Avril 1945 : six anges blonds meurent empoisonnés dans leur
lit au fond d'un bunker berlinois. Magda Goebbels, six fois
infanticide, entre dans l'Histoire. Soixante ans plus tard, le
sergent Minnelli découvre le corps
inanimé d'un vagabond sur la plage
de Venice, district de Los Angeles,
Californie. Le fait divers est tristement
banal, comme l'adieu de deux fiancés
sur le quai d'une gare. Mais quand ces
deux fiancés se nomment Magda et
Haïm, quand la future troisième dame
du Reich se retrouve dans l'album de
famille de Bèla, insouciante Israélienne de vingt ans... le fait
divers ne tarde pas à convoquer la plus improbable, et en tous
points véridique, romance du XX<sup>e</sup> siècle.
Célébrant les noces de Berlin et de Jérusalem échouées à
l'Ouest du monde, Le Terminal des Anges tient autant du conte
mythologique que du mélodrame, du Magicien d'Oz que de
Roméo et Juliette. Sarah Vajda tourne le dos à la repentance
collective pour s'attacher à une galerie de destins aussi banals
que tragiques, «conscients de n'être que les fantômes de très
vieux morts qui en eux exigent de revivre». La cité des Anges
n'aura jamais aussi bien porté son nom.