Icare au Grand Siècle

On demeure confondu devant la maîtrise de Philippe
Dieudonné. On remercie ces écrivains rares, tout à la fois
pointus et accessibles, qui nous permettent de revivre une
époque en cristallisant autour d'un personnage représentatif
l'essence d'un temps éloigné de nous. Un roman historique
donc, scrupuleusement documenté. Dès l'enfance, Philippe
Dieudonné a baigné dans la culture de ses parents, grands
liseurs et libraires ; sa seconde patrie est l'Italie reconnaît-il.
Néanmoins l'historien s'efface devant le romancier et pour
un coup d'essai, ce dernier réussit un coup de maître. Le style
est mesuré comme le pas d'un courtisan du roi Soleil ; il
étincelle de formules précises. Dans la foule des personnages
secondaires et des figurants, Philippe Dieudonné réussit à
rendre la complexité de son héros. On admire l'art d'étayer,
d'argumenter de l'historien documenté, la maîtrise d'une
écriture mimétique, l'aptitude à cerner en une métaphore la
cruauté de la lutte pour la vie et la fragilité de la condition
humaine.
Colette Nys-Mazure