Mémoires de Dolly Morton

Hugues Rebell demeure assez méconnu. Léautaud le jugea pourtant
«bel esprit, fin, curieux, très raffiné», et certains de ses poèmes
inspirèrent Gide. Aristocrate heureux et dédaigneux, selon Remy de
Gourmont, il dilapida la fortune paternelle dans les livres rares, le
luxe et les femmes. On prétend qu'il mourut de ses débauches et de
ses excès. Il termina en tout cas ses jours dans la misère la plus noire,
après avoir fui les huissiers une ultime fois.
C'est sous le pseudonyme collectif de Jean de Villiot - également
emprunté, entre autres, par Hector France, Stéphane Arnoulin et
Marius Boisson - qu'il signa Mémoires de Dolly Morton. L'histoire
d'une jeune femme qui, durant la guerre de Sécession, tente d'aider
des esclaves à s'affranchir. Mais elle est faite prisonnière, flagellée et
traînée en place publique, avant d'être forcée à devenir la maîtresse
du propriétaire d'une plantation.