La manufacture des ânes

L'histoire, matière facultative en terminale S ! L'annonce de cette énième
réforme, à l'automne 2009, a frappé de stupeur parents et enseignants.
La foire aux cancres allait-elle de nouveau battre son plein ?
Cette décision du ministère n'est que l'illustration d'une politique
qui marche sur la tête. Notre système scolaire produit des bacheliers
aux lacunes ahurissantes.
L'enseignement de l'histoire est négligé au profit de l'«étude de documents».
Les grands personnages sacrifiés aux courbes statistiques.
Au lieu de stimuler l'imagination et le goût du récit, on rend cette
discipline rebutante. Perroquets hier, ânes aujourd'hui : les élèves n'y
ont rien gagné. Et la machine à décerveler continue de tourner !
C'est à un sursaut qu'invite Pierre Lunel. Renoncer à la «réformite»,
donner à rêver, élargir le champ des manuels, bouter le jargon pédagogique
hors des murs des collèges et lycées : autant de pistes pour
en finir avec la «manufacture des ânes», redonner aux élèves le goût
d'apprendre... et aux enseignants celui d'enseigner.