Pays de Cambremer. Vol. 2. Le patrimoine religieux

Au nord ouest du Pays d'Auge, le pays de Cambremer s'étend sur un
plateau très découpé entre la route de Paris au sud et celle menant à
Rouen au nord. Tantôt sur les hauteurs, tantôt dans les vallons creusés
par les nombreux cours d'eau qui sillonnent le territoire, une trentaine
d'églises rurales dressent, depuis le XII<sup>e</sup> ou le XIII<sup>e</sup> siècle, leur discrète
silhouette coiffée d'un clocher couvert d'ardoise.
Cet ouvrage richement illustré révèle le patrimoine souvent méconnu
de ces modestes sanctuaires, précieux témoignage de l'art de la
Contre-Réforme impulsé par Dominique Georges, abbé du Val-Richer
entre 1652 et 1693. Ferment d'un renouveau spirituel, l'abbaye cistercienne,
fondée en 1150 et abandonnée à la Révolution, a également
été aux XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles un formidable foyer artistique dont il
subsiste de remarquables réalisations dans plusieurs églises.
À cette époque, les retables architecturés en bois peint et doré, baroque
ou rocaille, constituent, avec les tabernacles et les autels décorés
d'antependia, l'ornement majeur des lieux de culte.
Le mobilier d'Ancien Régime (chaires, confessionnaux, lutrins, bancs)
est simple mais abondant. La statuaire se signale par quelques oeuvres
raffinées du XIII<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup> siècle. De belles copies d'oeuvres peintes et
plusieurs toiles originales étrangères de grande qualité ornent les murs
des sanctuaires. Dans les sacristies, des tissus liturgiques d'une étonnante
richesse ont échappé aux ravages du temps et côtoient de nombreux
objets des confréries de charité.
Ainsi, dans ces petites églises préservées des changements de goût
du XIX<sup>e</sup> siècle et des aménagements liturgiques de Vatican II, le riche
patrimoine mobilier, aux confins de l'artisanat et de l'art, se révèle
l'expression des pratiques religieuses d'une société rurale entre la fin
du Moyen Âge et le début du XX<sup>e</sup> siècle.