La pêche au brochet en mai 68

Quels liens peuvent unir une balade parisienne pendant
l'insurrection de Mai 68, le cercle vélocipédique
d'une commune angevine, les aquarelles orléanaises de
Charles Pensée et les mystères du canal Saint-Martin ?
Aucun, sinon ceux qui s'emmêlent dans les souvenirs,
les nostalgies et les mythologies d'un auteur à l'âme et
à la plume vagabondes, dont les récits ne dédaignent
ni la prose administrative ni le dodécasyllabe
académique... De ces rencontres imprévues naît
toutefois une dialectique de l'enracinement et de la
liberté dont le lecteur aura sans doute peine à déterminer
si elle relève d'un «anarchisme de droite» ou d'un
«traditionalisme de gauche», si tant est que cette distinction
ait une quelconque importance. Dès lors le
lecteur comprendra peut-être mieux l'adhésion de l'auteur
aux idées de Mai 68, telles qu'il les a vécues, à la
lumière de son attachement immémorial au berceau de
ses aïeux et de son amour pour ses petits-enfants. L'art
d'être grand-père serait-il alors le meilleur antidote à la
modernité et la meilleure propédeutique à la révolution
? Quarante ans après les «événements» de Mai
68, telle est, en tout cas, la leçon que l'on pourra retirer
de ce singulier petit livre. Lequel apporte, par la même
occasion, un éclairage tout à fait inattendu sur ces
«événements» si décriés...