Saint-Junien, un bastion anarchiste en Haute-Vienne (1893-1923)

L'apparition de l'usine, avatar de la seconde révolution
industrielle dans le paysage saint-juniaud de l'extrême fin du
XIX<sup>e</sup> siècle donne naissance à un mouvement ouvrier qui, très
vite, fait montre d'une grande virulence. A partir de 1901, un
cycle de conflits sociaux divers ébranle la quiétude de la petite
cité de Saint-Junien ; la grève et la violence deviennent
endémiques, et ce, jusqu'en 1905. A cette date, et à l'instar de
Limoges, une tension extrême règne dans le bourg. Toutefois
l'embrasement n'a pas lieu. La révolte ouvrière s'étiole puis
s'éteint en quelques mois.
L'historiographie du mouvement ouvrier haut-viennois a
gardé jusqu'à nos jours un curieux silence sur cette période
pourtant décisive pour la vie politique de Saint-Junien tout au
long du XX<sup>e</sup> siècle.
Peu influents dans la ville de la porcelaine, les
anarchistes encadrent et impulsent alors les luttes ouvrières de
la cité gantière. Par leur prosélytisme, ils ont sans conteste
contribué à instiller en profondeur le ferment révolutionnaire
chez une partie de la population saint-juniaude. En 1920, celle-ci
se donne une municipalité communiste pour de très longues
années.