Essai sur les romans considérés du côté moral

Paru au tome XII des OEuvres complètes à la suite de l'épopée en prose Les Incas, ou la destruction de l'Empire du Pérou, l'Essai sur les romans considérés du côté moral (1787) est, à plusieurs égards, un document précieux. Marmontel y réfléchit sur les frontières des genres littéraires tout en retraçant un historique du roman de l'Antiquité au XVIII<sup>e</sup> siècle. L'élément didactique est au coeur des questionnements que se pose le théoricien : la littérature - affirme-t-il -, se doit avant tout de transmettre des leçons morales, d'embellir ou de noircir la vérité si nécessaire, dans le but fondamental de « plaire » et d'» instruire ». C'est du mélange entre fiction, histoire et moralité que Marmontel fait dériver sa conception du « roman politique » (historique ou fabuleux), un roman qui, « comme l'épopée, s'attache à de grands intérêts, peint les moeurs des nations, fait agir de grands hommes, et au lieu des vertus privées, enseigne les vertus publiques » (Essai sur les romans).