14-18 : du canon à la plume

Joseph Cressot est un jeune inspecteur de l'Éducation nationale
de 34 ans, marié en 1914, quand il est envoyé sur le front. Déjà
homme de lettres (il publiera plusieurs ouvrages après la guerre), il
écrit chaque jour son journal, et, quand c'est possible, il dessine et
prend des photos : «souvenirs» dit-il.
Ce journal est un témoignage captivant et bouleversant sur la vie
terrible que lui et ses camarades soldats doivent subir, mais il dévoile
aussi toute la part d'humanité d'un homme qui, à aucun moment,
n'abandonne son attachement à la vie et à ses valeurs, malgré le
déchaînement des canons, l'omniprésence de la mort et la barbarie
contagieuse de la guerre.
Il n'hésite pas à fustiger les reproches injustes subis par son
régiment après l'échec du Chemin des Dames, l'attitude inacceptable
de certains vis-à-vis de prisonniers allemands, et même la destruction
des boiseries d'une église par ses camarades... pour faire du feu.
Est-ce pour affirmer la primauté de la vie et narguer la mort, qu'il
va, au Chemin des Dames, cueillir, pour sa femme, deux fleurs de
cerisier en terrain découvert ?