La folie de Marguerite : Marguerite Duras et sa mère

«... dans mon enfance le malheur de ma mère a
occupé le lieu du rêve».
À partir de Moderato cantabile Duras recycle Duras. Une
écriture accidentée. SDF, en quête d'identité témoigne dans une
répétition infernale d'un douloureux «remâchement de la mort»
et d'une souffrance qui touche à l'universelle souffrance de la
nature humaine. Le ravissement, Le Vice-consul, L'amour,
L'amant... Sublime, forcément sublime... L'écriture creuse à la
recherche de ce qui au plus profond de la relation à la folie de la
mère reste à jamais impensé et repousse en même temps «cette
actualité absorbante qu'elle est toujours».
Dans la concession indochinoise du barrage contre le
Pacifique la mère c'est Madame Dieu. «Je n'ai eu ni maison
familiale, ni jardins connus, ni greniers, ni grands-parents, ni
livres, ni ces camarades qu'on voit grandir. Rien de tout cela.
Vous vous demandez ce qu'il reste ? Il reste ma mère.»