L'innovation et la recherche en France : analyse juridique et économique : actes du colloque Dix ans d'application de la loi sur l'innovation et la recherche, 1999-2009, bilan et perspectives, 19 et 20 mars 2009, Faculté de droit de Montpellier

La valorisation des résultats issus de la recherche publique par les mécanismes de propriété
intellectuelle a été, à la fin des années '90, l'objet d'une réforme qui a modifié
en profondeur les données économiques et juridiques de l'innovation. Adoptée dans le
but de stimuler la création d'entreprises de haute technologie, la loi du 12 juillet 1999
sur l'innovation et la recherche assure une réelle continuité au regard des objectifs fixés,
quinze ans plus tôt, par la loi du 15 juillet 1982 : favoriser à la fois le transfert des
connaissances scientifiques ou techniques et permettre la valorisation des résultats de
la recherche publique.
Levier parmi d'autres de cette politique générale d'innovation, la loi a néanmoins poussé
plus loin encore la logique de croisement du monde de la recherche et du secteur privé
en incitant et, surtout, en encadrant les occasions pour les chercheurs de travailler pour
le compte d'opérateurs privés. À travers l'encouragement des agents publics de la recherche
à une certaine mobilité (création d'entreprise, concours scientifique, participation au
capital social ou aux organes d'administration d'une entreprise), c'est ainsi l'idée d'entrepreneuriat
universitaire ou de capitalisme académique qui est au coeur du dispositif.
Enfin, en assouplissant les conditions d'une coopération entre la recherche publique
et le secteur industriel et en créant les conditions juridiques et fiscales favorables aux
entreprises innovantes, l'on peut même affirmer que la réforme a constitué une «soft
revolution» à l'égard du dispositif antérieur.
À travers elle et les développements qu'elle connaît actuellement, c'est toute l'analyse
juridique et économique des stratégies de management de la propriété intellectuelle qui
s'en trouve renouvelée.