L'enfance et l'adolescence de Napoléon

Napoléon est corse et conservera longtemps la nostalgie de son île. N'oublions
pas qu'il fit broder d'abeilles d'or son manteau du sacre : les abeilles de son enfance, les
abeilles de son île.
Il a la bravoure, la gravité et la perspicacité des Corses. Il est également
superstitieux et peut être dissimulé.
Dans sa toute petite enfance, deux femmes, outre sa mère, l'entourèrent
beaucoup : d'abord sa grand'mère paternelle, Maria Severia Bonaparte, Minanna, qui
finit par entendre 9 messes chaque jour, autant qu'il lui était donné de petits enfants.
Ensuite sa nourrice, Camilla Huri, qui l'aimait plus que son fils.
L'origine paternelle de la famille était florentine. C'est à San Miniato que s'était
établi un Jacopo Buonaparte dont le dernier rejeton était le chanoine Philippe à qui
Charles, le père de Napoléon, rendit visite lorsqu'il vint à passer ses examens de docteur
en droit à l'université de Pise. De son père, Napoléon avait les yeux gris, la persévérance
et en hérita le cancer de l'estomac dont il devait mourir.
Sa mère, Laetitia Ramolino, était de Sartène. Napoléon en avait les traits et ce
teint presque olivâtre. Il lui doit peut-être son ardeur belliqueuse.
Après Brienne et l'école militaire, où il se comporta studieusement mais ne fut
jamais à l'aise, il revint à son activité principale depuis la mort de son père : faire vivre
sa famille et s'occuper de l'avenir de ses frères et soeurs.
En fait il profita peu de sa jeunesse et s'imposa très tôt des responsabilités de chef
de famille.