Quinzinzinzili

Bien sûr, cela fait des décennies que la littérature
nous annonce l'anéantissement de la race humaine,
notre capacité à nous détruire ne se discutant plus.
Beaucoup de livres pour un sujet aussi crucial, mais
dans le lot peu de chefs-d'oeuvre...
Quinzinzinzili , ce roman au titre improbable,
est pourtant de ceux-là, ses rares lecteurs n'en
démordent pas, qui s'étonnent toujours de son ironie
visionnaire, de son pessimisme halluciné et de ses
trouvailles géniales.
Publié en 1935, il a été imaginé par Régis Messac
(1893-1945), considéré comme l'un des précurseurs
du genre, et nous entraîne après le cataclysme,
à la suite du dernier des adultes, témoin stupéfait
de la renaissance du genre humain : sous ses yeux
désabusés, un groupe d'enfants réinvente une
Humanité dont l'Histoire a disparu. Et Messac,
qui sait que la Civilisation est mortelle, nous offre
le spectacle d'une poignée de gosses en train de lui
régler son compte...
Stupéfiant, Quinzinzinzili renaît et devrait susciter
l'admiration de ceux qui croient davantage aux vertus
des Lettres qu'à celles de l'Homme.