Le meunier et le scieur : une enfance à la campagne, aux confins de la Haute-Loire et de l'Ardèche

Situé aux confins de la Haute-Loire et de l'Ardèche, perché à mille mètres
d'altitude, voici le "plateau". Terre vallonnée, couverte de forêts sombres, parsemée
d'îlots de cultures, de prairies, où les toits gris des fermes isolées se dissimulent
parmi les pins et les frênes.
Mes ancêtres n'ont jamais quitté ce
haut pays. Tous étaient laboureurs,
certains ajoutant sur leur carte de visite
tailleur d'habit ou sabotier.
Aimé-Fernand mon père, sera
le premier d'une longue lignée à
ne pas vivre directement de la terre. Il
quitte la ferme familiale en 1931 pour
épouser Hélène, ma mère.
Mon grand-père maternel est
propriétaire d'une grande bâtisse isolée
au bord d'un ruisseau, flanquée de
deux constructions à un seul niveau :
un moulin et une scierie.
Voici donc mon père meunier
et scieur.
Il a confié à ma tante Lili, sourde
et muette et à l'oncle Ernest la ferme
tout près du moulin. Chez eux, c'est un peu chez moi. J'ai donc deux maisons.
Quand je me tourne vers mon enfance, dans la multitude des souvenirs engrangés,
moulin, scierie et ferme sont intimement liés.
J'invite les lecteurs à m'accompagner. Nous retrouverons ensemble, les chemins
de mes jeunes années, avec leurs joies, leurs peines, avec leur charme aussi...