Sans gravité

Parce qu'il ne veut pas mourir seul, un homme désespéré braque
un pistolet sur la tempe d'Ellis dans un parc new-yorkais.
Sortie miraculeusement indemne de cette effroyable rencontre,
la jeune étudiante n'en est pas moins profondément ébranlée.
Dès lors sa vie semble lui glisser entre les doigts. Fraîchement
débarquée à New York, inscrite en histoire de l'art à Columbia,
elle a peu d'amis, ne s'entend guère avec sa colocataire et multiplie
les relations instables.
Cette agression qui l'obsède envahit son existence,
désormais comme détachée du reste du monde. Pour échapper
à ses «journées pareilles aux pièces baignées d'un pâle soleil
dans une maison vide», Ellis décide de partir retrouver sa famille
à San Francisco. Les fêtes de Noël approchent, elle pourrait oublier
tout cela. Du moins le croit-elle. Car, dans ce cadre
où elle a grandi, les souvenirs n'ont cure de sa volonté d'oubli.
Dans ce roman habité par la grâce, Vendela Vida nous entraîne
dans l'intimité d'une jeune femme avec un sens du détail
qui rappelle Un homme qui dort de Georges Perec.
Vendela Vida a trente et un ans. Elle a publié un essai,
Girls on the Verge , issu de ses travaux de recherche
sur les rites d'initiation chez les jeunes filles américaines.
Elle est rédactrice en chef du magazine littéraire
The Believer et participe, avec son mari Dave Eggers,
au renouveau littéraire né il y a quelques années
à San Francisco. Sans gravité est son premier roman.