Mémoires. Vol. 1. Les chemins de la victoire

«J'ai hésité longtemps sur le titre de ces Mémoires. Je ne savais pas s'il
fallait les intituler La Dernière Offensive de Batista ou Comment 300 hommes en
mirent 10 000 en déroute. Ce sera finalement Les Chemins de la victoire.
J'y inclus le récit des premières années de ma vie sans lequel on ne
comprendrait pas le sens de ce livre. J'y explique ce qui m'a mené à la
révolution et à la lutte armée dans les montagnes de la Sierra Maestra.
Je ne suis pas né avec les réalités du monde, mais je les ai vite saisies...
Nombre d'historiens se sont penchés sur ce qui s'est passé dans la
Sierra et sur le sort des guérilleros qui s'y étaient retranchés. Il me semble
néanmoins que seul le meneur et chef de cette force de combattants
novices peut relater les événements de façon vivante et précise. Soixante-quatorze
jours de combat au cours desquels nous, les révolutionnaires,
parvînmes à déjouer les plans des forces armées soutenues et équipées
par les États-Unis, et fîmes que l'impossible devint possible. C'est aussi
le meilleur moyen de rendre hommage à ceux qui sont tombés durant
cette épopée.
À cette étape de ma vie, me voilà en mesure d'offrir mon témoignage.
J'ai l'espoir qu'il aura une valeur pour les générations futures.»
«La dictature a lancé contre nous
une véritable marée humaine. Mais
l'Armée rebelle n'abandonnera jamais
ses positions dans la Sierra Maestra.
La mort ou la victoire, c'est l'unique
alternative que nous acceptons.»
Pendant soixante-quatorze jours, le
Commandant Fidel Castro, inlassablement,
répartit ses effectifs en fonction
de ce qu'il sait des déplacements
adverses. Il envoie le Che ici, son frère
Raúl ailleurs, un autre plus loin, au
cas où... Un stratège hors pair et un
communicant habile, qui galvanise la
population sur Radio Rebelle.
Soixante-quatorze jours de courage
et d'obstination, de discipline dans
la fraternité, de compagnons tombés
sous vos yeux, qu'on pleure discrètement,
comme les autres, peut-être,
vous pleureront demain. Pas de
grandiloquence, pas de mots inutiles,
juste l'humble détermination des
défenseurs ardents des grandes causes
de l'Histoire.