Kant et les sciences : un dialogue philosophique avec la pluralité des savoirs

Le présent volume, «Kant et les sciences. Un dialogue philosophique avec la
pluralité des savoirs», correspond à la seconde partie des Actes du 9<sup>e</sup> Congrès de la
Société d'Études Kantiennes de Langue Française «Kant, la science et les
sciences», qui s'est tenu en 2009 à l'Université Lyon III. Il analyse, non plus en
amont la définition kantienne de la science, du savoir, de la scientificité en général,
mais cette fois en aval la place des divers savoirs dont Kant a pu traiter. Par une série
d'études consacrées à diverses sciences en contexte kantien, le présent volume
étudie comment Kant assigne à chaque science une unité idéale, une région ontique
(un domaine d'objets), une méthode, voire une épistémologie, ainsi qu'un mode
historique de constitution et de progression propres, avec le constant souci (issu du
criticisme) de distinguer les sciences, de ne jamais confondre leurs limites. Ce
volume révèle ainsi un Kant, non pas seulement théoricien de la science, mais
théoricien, voire praticien des sciences en leur pluralité. Kant y apparaît comme
étant lui-même un Naturforscher , physicien, scientifique, savant dans les sciences
de la nature au sens le plus large. Ce volume souligne l'apport de Kant à un grand
nombre de sciences de son temps (mathématique, physique, chimie, biologie
naissante, géographie physique, cosmologie, astronomie, mais aussi sciences
qualifiées aujourd'hui de sciences de l'esprit ou de l'homme, comme anthropologie
ou psychologie), comme en attestent les nombreux opuscules scientifiques que Kant
consacre, de 1754 à 1794, à divers sujets de science physique ou d'histoire naturelle
(séismes, volcans, marées, climats, vents, influence de la Lune sur la Terre,
modification de la vitesse de rotation axiale de la Terre, météores, comètes, etc.).
Lecteur attentif des revues et manuels scientifiques de son temps, Kant se révèle être
un acteur essentiel du dialogue entre philosophie et sciences, dans le contexte
culturel et institutionnel favorable de l'Allemagne de la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle.