Les économies de l'Afrique centrale 2004

Dans un environnement international empreint d'incertitudes avec des performances
mondiales globalement faibles, l'Afrique Centrale enregistre pour la quatrième année consécutive,
un taux de croissance positif qui de surcroît pourrait dépasser le cap des 6 % en
2003 et 2004. Une certaine note d'optimisme qui devrait militer en faveur du redressement
de l'image négative qu'elle a portée pendant de nombreuses années ! Si le nombre de
pays engagés dans des mécanismes d'évacuation des germes de la déstabilisation progresse,
d'autres pays ont accompli des avancées significatives qui contribuent à un net rehaussement
de l'image de la sous-région. Les statistiques démontrent qu'en Angola, en
République Démocratique du Congo et au Rwanda, pays particulièrement marqués par
les conséquences des conflits sur les populations et les structures socio-économiques, des
indices d'une reprise de la vie économique ou de la consolidation des initiatives en faveur
de la pacification et d'une sortie des économies de guerre, se renforcent. Mais ces indices
sont fragiles. Raison pour laquelle ce mouvement mérite d'être profondément ancré dans
une dynamique d'intégration résolument régionale avec pour base, des programmes de
développement ambitieux qui, non seulement ouvrent des perspectives pour des projets
nationaux et transfrontaliers, mais également peuvent jouer le rôle de stabilisateur pour le
cadre socio-économique et politique en Afrique Centrale.
Les communautés économiques régionales s'investissent aux côtés des pays et des partenaires
au développement dans l'appui à la formation des schémas directeurs, surtout au
niveau des secteurs-clefs des infrastructures de développement. Ces efforts profiteraient à
la sous-région s'ils intègrent les objectifs du calendrier de la mise en oeuvre du NEPAD en
Afrique. Les préoccupations sont donc multiformes, mais une priorité mériterait d'être
accordée à la question de la convergence réelle, dans une architecture et des mécanismes
de mise en cohérence des politiques nationales de développement, auxquels l'adhésion des
onze pays de la sous-région devrait être définitivement acquise.
L'Afrique centrale de la zone CEEAC regroupe onze pays aux appartenances à de multiples
organisations sous-régionales. La multiplicité de ces organisations rend difficile
l'harmonisation des travaux sur la zone Afrique Centrale. Cette étude tente de dégager des
indications et des pistes de réflexion sur les efforts d'intégration dans cette sous-région
dont les énormes potentialités naturelles contrastent avec l'ampleur de la pauvreté de ses
populations. Elle est entreprise de manière très opportune car les efforts de pacification et
de stabilisation du cadre socio-politique commencent à porter leurs fruits. Ils sont particulièrement
visibles dans des pays de la sous-région ayant connu de longues
périodes de conflits internes et inter-États, et qui en émergent.