Ray Charles

Les média américains, dont le sens de la mesure n'est pas le point
fort, l'ont surnommé «the genius». Ray Charles Robinson, aveugle
depuis l'âge de six ans, chanteur, pianiste et auteur-compositeur
de son état, n'en demandait sans doute pas tant... Une place au
soleil de la réussite aux côtés de ses frères qui, comme lui au début
des années cinquante, contribuaient à élever le «Rhythm'n Blues»
naissant au rang d'authentique art populaire lui aurait probablement
suffi, mais voilà... notre homme possédait quelque chose de plus que les autres, une
botte secrète insoupçonnable : le Gospel, dont il eut l'audace et le «génie» de transposer sur
les scènes laïques les accents, les inflexions, les extases et les transes jusque là cantonnés aux
lieux de culte. On s'en convaincra à l'écoute du CD 1, qui pour l'essentiel reprend un concert
parisien particulièrement chaud, puis on tombera sous le charme du CD 2, qui propose Ray
Charles à ses débuts, mi-bluesman, mi-crooner.