Ocalan et le PKK : les mutations de la question kurde en Turquie et au Moyen-Orient

En s'engageant à partir de 1984 dans une guerre de «libération nationale» en
Turquie, le Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiyé Kerkarén Kurdistan) se
trouve immédiatement confronté à la répression des autorités turques. Au prix de
plus de 30 000 victimes, dans ses rangs, chez les militaires turcs mais aussi parmi les
civils, il parvient cependant à placer l'identité kurde au centre du débat en Turquie.
L'action du PKK s'inscrit dans les transformations à l'oeuvre dans la région. Les
Kurdes sont devenus une pièce maîtresse de la recomposition de l'ordre régional
ouverte par la guerre du Golfe en 1991. La mise en place dans le Kurdistan
d'Irak d'une «zone d'autonomie» gérée par le PDK et l'UPK dans laquelle le
PKK maintient ses combattants fait des organisations kurdes les principaux
acteurs des changements en cours.
L'arrestation du leader du PKK, Abdullah Öcalan, le 16 février 1999 au Kenya,
où il s'était réfugié après avoir été contraint de quitter la Syrie, conduit à une suspension
pour un temps de la lutte armée. Mais les attentats du 11 septembre 2001
ont pour effet d'intégrer le PKK sur les listes des organisations terroristes établies
par le Département d'Etat américain et l'Union européenne. Dans ces nouvelles
mutations de la question kurde, la recherche d'une solution devient d'autant plus
cruciale que la Turquie s'engage dans des réformes qui intègrent notamment la
reconnaissance de l'identité kurde en vue d'adhérer à l'Union européenne.
Pour répondre aux interrogations que partagent tous ceux qui veulent démêler
l'écheveau de «l'imbroglio kurde», cet ouvrage fournit une analyse du fonctionnement
du PKK, de l'autorité charismatique d'Abdullah Öcalan, de la place de
la question kurde dans le débat européen ainsi que du nouvel ordre régional au
Moyen-Orient.