Broderie sur canevas

Ce qui différencie la tapisserie de la broderie,
c'est que le fil recouvre la totalité de la trame.
C'est un art très ancien, à la fois fonctionnel et esthétique,
qui servait tout autant à décorer qu'à isoler du froid,
et ce, en comptant les exploits des monarques,
les batailles et les événements historiques,
les passages bibliques ou les émois amoureux
de jeunes princesses et de preux chevaliers.
Elles étaient l'oeuvre de grandes maisons,
comme la manufacture des Gobelins
et généralement de grandes dimensions.
La tapisserie a perdu de sa noblesse en rentrant
dans les foyers, occupant ainsi les après-midi
de nos mères et de nos grand-mères,
dans des dimensions plus modestes d'ouvrages de dames.
Je me souviens de ma maman tapissant au petit point,
un ouvrage représentant une dame en crinoline
gravant un S sur un arbre.
Je la regardais faire, imaginant que la dame en question
s'appelait Solange, et regardant l'avancée des travaux.
L'ouvrage trône toujours dans sa chambre et moi,
j'ai rencontré la trame à tapisser !
Ce matériau se prête à d'autres usages
que de simples tableaux.
J'ai remisé la laine d'Aubusson trop chère ou le coton
retors mat, trop mat à mon goût, pour du coton mouliné
utilisé en 3, 4, ou 6 brins, ainsi que de la rayonne,
parce-que j'aime les tons lumineux.
J'ai cherché également d'autres usages pour la tapisserie
que le tableau inerte sur un mur, car j'aime ce qui vit.
Dans cet ouvrage, je vous présente un art vivant
qui peut faire partie de votre quotidien.
Bonne tapisserie à vous.