Psaumes du tailleur ou La religion de l'Inde profonde

De l'Inde monte un chant puissant et sans frontières.
Mais pour l'entendre, il faut pouvoir
l'écouter, et donc désapprendre le sanskrit qu'on
a longtemps pensé être sa langue paternelle. Il
est, au continent des dieux multiples, plus de
vingt langues matricielles qu'ont fait, que font
vibrer mille poètes.
Nâmdev était tailleur. Il vécut de 1275 à
1350, pense-t-on, au bord d'un fleuve marathe
qui unit l'Inde du sud à celle du nord. Il n'avait
qu'un seul Dieu, celui des exclus et des gagne-petit,
encore et toujours en marche sur les
chemins de pèlerinage qui sillonnent leur territoire
intérieur. Poète parmi les poètes d'hier et
de demain, du nord au sud de l'Inde plurielle,
il taille des parures éblouissantes, «prêtes à
porter» par tous les exploités du monde d'aujourd'hui.
Par nous, donc.