Défense et sécurité internationale : face aux défis du XXIe siècle

Durant la longue période de plus de quarante ans de
non-guerre, si rare dans son histoire, l'Europe de l'Ouest
a vécu avec l'illusion que la puissance économique pouvait
compenser la faiblesse militaire, sa protection face à
la menace soviétique étant assumée par les États-Unis.
L'Europe vit aujourd'hui sous la menace du terrorisme. Dans
une optique militaire, le combattre et s'en protéger semble
défier le bon sens alors qu'il n'a pas de territoire, pas d'État,
pas de projet politique, pas d'armée mais seulement des
réseaux. Quelles stratégies, quels scénarios et quels moyens
militaires, policiers, judiciaires utiliser ? L'Union européenne
se dote à petits pas d'une politique étrangère et de sécurité
commune (PESC). Mais dans les conflits armés survenus à sa
porte et donc la concernant directement, son intervention
est restée seconde par rapport à celle des États-Unis tant au
plan diplomatique que militaire. En Afghanistan elle a montré
encore plus nettement ses limites en raison du retard
technologique de ses équipements militaires, et dans les
conflits du Moyen-Orient ses tentatives pour infléchir les
tragiques événements n'ont eu que des résultats limités.
L'Union aura-t-elle et peut-elle avoir la capacité d'assumer
seule la défense et la sécurité de son espace, de ses intérêts
et de ses valeurs ? Un système proprement européen de
défense et de sécurité peut-il être envisageable sans la
construction d'une Europe politique ?
Les événements tragiques qui viennent d'ouvrir le XXIe
siècle imposent des obligations auxquelles l'Union ne peut
maintenant échapper.