Economie politique (L'), n° 71. Peut-on faire l'économie du bonheur ?

Economie politique (L'), n° 71. Peut-on faire l'économie du bonheur ?

Economie politique (L'), n° 71. Peut-on faire l'économie du bonheur ?
2016116 pagesISBN 9782352401629
Format: BrochéLangue : Français

L'Economie politique n° 71

La stratégie des mécontents

Dans un essai célèbre paru en 1970, l'économiste Albert 0. Hirschman distinguait trois stratégies face à une organisation insatisfaisante : la défection (exit) , la prise de parole (voice) ou le loyalisme (loyalty) . La première est typique de l'acteur économique, tel le consommateur qui se détourne d'un produit, la deuxième relève de la mobilisation politique, quand la troisième exprime l'attachement à l'organisation malgré le mécontentement que celle-ci suscite.

Ces trois postures peuvent se combiner. Ainsi, David Cameron a voulu utiliser le référendum (la menace d' exit ) pour appuyer les revendications (voice) du Royaume-Uni auprès de ses partenaires européens. Mais il avait mal mesuré à quel point l'attachement des Britanniques à l'Union européenne (loyalty) était faible, et le camp du leave l'a emporté. Cela n'a rien d'étonnant : les Britanniques ont toujours vu l'Union d'abord comme un grand marché, à qui ils reprochent d'outrepasser son rôle. Or la défection est précisément le comportement qui domine sur un marché, parce que les liens d'attachement y sont faibles.

Dans son fonctionnement actuel, l'Europe ne paraît laisser le choix aux mécontents qu'entre une défection catastrophique (les Britanniques) et un loyalisme subi (les Grecs). Alors que c'est à travers la prise de parole que les organisations et les institutions s'adaptent et perdurent. ¤

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