La clémence de l'oncle Hô : un mensonge meurtrier : Indochine, 1952-1954

Comme il l'écrit lui-même, Alexandre Le Merre n'a pas la muse
tragique... et ce fut très certainement pour lui une épreuve pénible que de
replonger dans ses souvenirs de captivité pour mener à terme cet ouvrage.
Parce que le quotidien des hommes capturés au combat et internés dans
les camps du Vietminh ne fut pas seulement une pénible épreuve de privation de
liberté mais bien une lutte pour la survie au jour le jour.
Parce que la "méthode" viet fut, dans un premier temps, de briser la
résistance physique en affamant les corps pour mieux briser, dans un second
temps, la résistance morale afin de rendre les âmes malléables à la "rééducation"
marxiste qu'ils imposèrent quotidiennement à leurs "hôtes".
Parce qu'il faut savoir que 70 % de ces captifs ont péri dans ces camps de
la "mort lente". Les rares rescapés reviendront brisés par la malnutrition, les
maladies et les épreuves subies, pour certains, durant quatre longues années.
Pourtant à la lecture de ses souvenirs, et malgré l'horreur de la situation,
le sourire, très rapidement, se dessine sur les lèvres du lecteur quand ce n'est pas
un rire franc et vrai qui l'emporte... révélant ainsi la nature résolument optimiste
de l'auteur, son sens aigu de l'observation et l'humour qui le caractérise.
Enfin, au-delà du témoignage poignant qu'il nous livre, c'est aussi et avant
tout, un profond hommage rendu à ses camarades d'infortune qui ne sont pas
revenus.