Petite histoire de Notre-Dame de Garaison : 1510 environ-1923

C'était, racontent les premiers chapelains de Garaison,
c'était une de ces années de disette fréquentes
à cette époque, au printemps. Munie par
son père ou sa belle-mère d'un morceau de grossier
pain noir, la Bergère gardait le petit troupeau de la
famille à travers la lande. A 300 mètres environ de
sa maisonnette, à mi-pente du coteau de l'ouest,
une source, qu'ombrageait une aubépine en fleur,
jaillissait au milieu des broussailles, où elle ouvrait
une clairière. L'enfant était là, quand tout à coup,
environnée sans doute d'une douce lumière, une
Dame parut devant elle, vêtue de blanc, souriante,
affable, et, là aussi, «belle, belle... plus que tout»,
suivant le mot de Bernadette.
«Ne craignez rien, dit-elle à la Bergère saisie, je
suis la Vierge Marie, Mère de Dieu. Mais allez dire
à votre père d'avertir le recteur de Montléon qu'il
doit bâtir ici une chapelle, car j'ai choisi ce lieu et
j'y répandrai mes dons». Bientôt, l'enfant ne la vit
plus.
Elle courut porter le message, et le père, assuré de
la véracité de sa fille, s'empressa d'obéir à l'ordre
de Notre-Dame.