La poésie mystique de Térenti Granéli : des mains étirées vers l'éternité

Toute la poésie de Granéli est constellée des touches
de cette palette à la fois unique et infiniment nuancée,
et qui prend tous les accents d'une symphonie
chromatique pour célébrer l'infini du ciel, et l'immortalité
paisible qu'on y gagne. «Ma poésie n'est qu'un recueil
de mystères».
Granéli a découvert le troisième chemin qui n'est ni
la vie ni la mort, mais l'infini chemin mystérieux, cette
existence insoupçonnable suspendue entre terre et
ciel dans une nébuleuse bleue.
Ce troisième chemin est à la fois sa quête de l'idéal poétique et le fruit de
cette quête pour une forme d'immortalité, entre vie et mort, entre ombre
et lumière. Un état de grâce, de béatitude, que doivent connaître les élus
de Dieu. Dans sa vocation et son oeuvre de poète, Granéli semble avoir
été fidèle à la simple étymologie de son nom. Il est bien le «grain» qui va
féconder les esprits et les nourrir ensuite avec les fruits qu'il a portés en lui.
Il leur transmet ainsi la prescience d'un autre monde vers lequel il les conduira,
tel le bon pasteur. Ce père nourricier a porté sa croix, sa vie durant, apôtre
missionnaire, jusqu'à sa propre crucifixion. Celle-ci, renouvelée à l'infini par
son acte créateur, est signe et message d'un destin hors du commun, celui
d'un «être élu». Son abandon à sa propre vocation authentifie la présence
d'un Dieu qui appelle tous les hommes à le rejoindre, pour emplir l'univers
d'un amour infini.