Je n'ai jamais connu Amsterdam au printemps

Cette capitale de la tolérance, ils auraient dû la connaître ensemble,
au printemps. Ils se l'étaient juré. Mais le sida en a décidé autrement et
Hubert a disparu, il y a dix ans déjà.
C'est seul, des années plus tard, que Jean-Luc Romero accomplira ce
voyage, ultime témoignage d'amour à celui qui fut sa vie, à celui qui
est, d'une terrible façon, sa promesse de mort. De sa chambre d'hôtel,
le conseiller régional décide de mettre par écrit ses réflexions tantôt
amusées, tantôt désolées, mais toujours saisissantes, sur une classe
politique qu'il connaît bien.
Il tient donc le journal de ses rencontres quotidiennes, avec les plus
hautes autorités de l'État comme avec les militants associatifs. Ainsi se
dessine une belle galerie de portraits, de Sarkozy à Delanoë. Un édifiant
tableau des moeurs politiques, avec leurs mondanités, leurs petites
lâchetés et grands desseins.
Lutter contre l'homophobie, revendiquer un droit au mariage et à
l'adoption pour les homosexuels, dépénaliser les drogues et l'euthanasie,
tels sont quelques-uns des courageux engagements de Jean-Luc Romero.
Ces combats, il les mène parfois contre son propre camp, trop souvent
replié dans un conservatisme frileux. Avec générosité et pudeur, l'auteur
va jusqu'à livrer ses blessures et ses doutes intimes, notamment dans sa
lutte contre le sida, qui le dévore depuis plus de dix-neuf ans.