Revue d'histoire de la Shoah, n° 199. De l'Aktion T4 à l'Aktion 14f13 : des vies sans valeur

Revue d'histoire de la Shoah, n° 199. De l'Aktion T4 à l'Aktion 14f13 : des vies sans valeur

Revue d'histoire de la Shoah, n° 199. De l'Aktion T4 à l'Aktion 14f13 : des vies sans valeur
2013473 pagesISBN 9782916966083
Format: BrochéLangue : Anglais

De l'Aktion T4 à l'Aktion 14f13

« Des vies sans valeur »

Officiellement, le « programme T4 » (Aktion T4) a été arrêté par l'Allemagne nazie

en août 1941 à la suite des protestations de l'évêque de Münster, Mgr von Galen.

C'est là, pour partie, une légende. Si l'Aktion T4 semble en effet avoir été stoppée,

c'est au premier chef parce que le quota fixé en octobre 1939 (20 % des aliénés)

avait été atteint. En réalité, ce programme s'est poursuivi discrètement dans un

pays où la santé publique, qui relevait du ministère de l'Intérieur, était une affaire

de police. De plus, dès le mois d'avril 1941, la T4 a été doublée par un autre

programme de mise à mort, l'Aktion 14f13, c'est-à-dire l'assassinat de détenus

malades extraits des camps de concentration. Ainsi, les médecins responsables

de la T4 ont-il continué à opérer à l'intérieur des Läger et à y sélectionner,

souvent au vu d'une simple fiche, des hommes et des femmes qu'ils envoyaient

sur-le-champ à la mort (généralement par le gaz) pour « inaptitude physique ».

Le programme d'élimination des « vies indignes d'être vécues » (la « mort par

compassion » dans la langue nazie) s'est donc poursuivi jusqu'en 1945 sous

des noms et des lieux différents. Ces programmes jumeaux étaient portés par

la même conviction d'un droit inégal à la vie. Mais aussi, en second lieu, par la

certitude qu'au nom de la nature, la société se doit d'encourager les forts et de

laisser mourir, voire de faire périr les faibles.

Intellectuellement, ces programmes sont étroitement liés au génocide des

Juifs, mais aussi au massacre par la faim d'une large partie des prisonniers

de guerre soviétiques. Ces politiques d'assassinat sont froidement

démographiques. Enracinées dans une vision biologique du monde, elles

disent l'essence radicalement antihumaniste du nazisme.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)