Mémoires sur les grandes gelées et leurs effets : où l'on essaie de déterminer ce qu'il faut croire de leurs retours périodiques, et de la gradation en plus ou moins du froid de notre globe

En 1777, Théodore Mann soutenait devant ses pairs de l'Académie de Bruxelles que la terre
subissait un réchauffement climatique général et irréversible. Il s'opposait ainsi à l'opinion
dominante qui interprétait les grands hivers du XVIII<sup>e</sup> siècle comme un signe de refroidissement
du globe et à la théorie de la terre de Buffon.
Mann développa cette thèse cinq ans plus tard dans les Mémoires sur les grandes gelées et leurs
effets. Quel rôle jouait ici le facteur anthropique ? Étaient considérés l'abattage des forêts,
l'agriculture intensive et l'assèchement des zones humides. L'action humaine ne lui semblait
cependant pas suffisante pour expliquer le global warming. Partisan d'une conception
plutonienne de la formation de la terre et adhérant à l'idée cartésienne d'un feu central,
Mann avança que le principe de chaleur, libéré par la combustion opérant au coeur du globe,
se dégage à la surface de la terre et en augmente progressivement la température. Il anticipait
ainsi le débat qui agite la communauté scientifique actuelle, que l'on sait partagée entre
la causalité attribuée aux activités humaines et la logique propre des causes physiques.