Le Candidat

Avec le Candidat, Flaubert ne s'expose au public qu'à cinquante-trois ans, pour la première et dernière fois. Mais il a toute sa vie rêvé théâtre, se donnant à lui-même, par la plume, le meilleur de ses représentations.
Le Candidat sera une <<grande politique=""/>>. Voilà longtemps que Flaubert veut se soulager en vidant son sac aux colères rentrées. Le jeune homme qui écrivait dans son carnet intime : <<je applaudi="" de="" la="" les="" mieux="" point="" sur="" tribune="" un="" vaudeville=""/>> rêve d'être applaudi au Vaudeville en blaguant la tribune. Il se livre au plaisir souverain de déplaire à toute la classe politique : <<jamais aucun="" cette="" dans="" est="" fange="" gouvernement="" jouer="" la="" laisser="" le="" les="" mon="" ne="" parce="" partis.="" que="" roule="" tel="" tous="" voudra=""/>> (lettre d'août 1873). Il se laisse gagner par cette joie sombre de la condamnation unanime : <<je bannir="" etc.="" ferai="" la="" le="" maudire="" me="" par=""/>>. La raison c'est que la littérature est un contre-pouvoir, le pouvoir absolu.
Le Candidat est bien le Dictionnaire des idées reçues en politique.