Rencontres avec Violette Maurice

L'idée d'un ouvrage sur Violette Maurice est née d'une rencontre avec
Miarka (Denise Vernay) qui souhaitait faire connaître cette personnalité
extraordinaire, cette femme d'exception.
Violette, personnalité double : femme d'action et poète. Femme
d'action entrée dans la Résistance dès l'automne 1940, alors qu'elle n'a que
vingt et un ans. Elle crée le mouvement et le journal 93. Arrêtée avec son
père, Robert Maurice, en octobre 1943, elle est déportée à Ravensbrück où
elle parvient à résister à l'enfer du camp, grâce à l'amitié et à la poésie (pour
Violette Maurice, la poésie est un acte de résistance). Elle refuse d'y travailler
pour l'ennemi.
Au retour, après la convalescence d'une diphtérie contractée au
camp et une lente réadaptation à la vie, Violette retrouve Léon Boquin
(revenu du camp de Rawa Ruska, en Ukraine), rencontré avant la guerre aux
Éclaireurs de France : elle l'épouse en 1947.
En réalité, témoigner est un acte difficile, pour Violette Maurice
comme pour tous les déportés. Le récit des horreurs du camp reflète en
négatif la vie de ceux qui ont profité de l'Occupation, qui ont suivi Pétain,
et qui ne voulaient pas entendre les déportés pour ne pas se voir eux-mêmes.
Il est aussi très pénible de raconter des expériences douloureuses et
terribles que le commun des mortels ne peut que très imparfaitement
comprendre.
Après la guerre, Violette Maurice se consacre aussi à la protection de
l'enfance malheureuse, appuie le désir d'indépendance des Algériens,
donne des cours de promotion sociale auprès d'adultes... Par la suite, après
avoir été membre de l'Association des Droits de l'Homme, après avoir
adhéré et participé au travail de la LICA (Ligue internationale contre
l'Antisémitisme, créée en 1928), elle devient présidente régionale de la
LICRA (Ligue contre le Racisme et l'Antisémitisme) de 1977 à 1983.
Parallèlement, toujours fidèle à ses amis de Résistance et de
Déportation, elle collabore à l'ADIR (Association nationale des anciennes
déportées et internées de la Résistance), vice-présidente de l'UNADIF
(Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de
Disparus) dans le département...
À partir de 1984, outre son témoignage de résistante déportée,
Violette Maurice se consacre à l'écriture de la poésie...