Du passé et de l'avenir de la franc-maçonnerie à Saint-Etienne et dans le département de la Loire

Le 8 février 1863, le libraire François Constantin prononce, devant ses «Frères»
de la Loge «Les Élus» à l'Orient de Saint-Étienne, le discours Du passé et de
l'avenir de la Franc-Maçonnerie à Saint-Étienne. Sa démarche se veut didactique :
instruire les Francs-Maçons stéphanois de l'histoire des Loges foréziennes. Mais
son propos va plus loin qu'un simple historique. Le passé doit éclairer le présent.
Que devrait être la Franc-Maçonnerie ? Qui doit-on initier ? Quelle doit être l'action
des Francs-Maçons dans le monde profane ? Replaçons le propos dans son contexte.
Sous le Second Empire «libéral», les Loges sont devenues des lieux d'opposition
au régime en place. Beaucoup de «Frères» sont acquis aux idées républicaines.
Quelques mois plus tard, Constantin réitère son propos devant la jeune
Loge «L'Industrie» qui, comme «Les Élus», est placée sous l'obédience du Grand
Orient de France.
Cependant, François Constantin est conscient de ses limites. Il n'est pas historien,
son travail repose sur des témoignages, les erreurs et omissions sont nombreuses.
Il amende son propos et propose une seconde mouture : Complément et
Rectifications. C'est ainsi qu'il retourne devant les deux Loges stéphanoises.
François Constantin eut la bonne idée d'offrir ses manuscrits aux «Élus».
Aujourd'hui ils sont conservés à la Bibliothèque municipale de Saint-Étienne.
Il paraissait indispensable de confronter les écrits de François Constantin aux
apports les plus récents de la recherche maçonnique. Plus de 140 ans après leur
rédaction, ces pages d'histoire sociale restent d'une grande actualité.