Contribution à l'étude de la fraude en droit constitutionnel congolais

Empruntée au droit international privé et au droit fiscal, l'idée de fraude ne
semble pas avoir trouvé une application aisée en droit constitutionnel où son
utilisation, d'une rareté déconcertante, ne semble avoir servi qu'à décrire le détournement
par l'autorité investie du pouvoir de révision constitutionnelle, le constituant
dérivé, des pouvoirs constitutionnels lui conférés afin d'établir un régime fondamentalement
différent du précédent.
Appliqué au contexte congolais, le concept a merveilleusement été étendu au comportement
du pouvoir constituant originaire dans la mise en place des textes constitutionnels
et extrapolé à celui des pouvoirs constitués dans la mise en application
de ces textes.
L'abondante production constitutionnelle congolaise, accumulée depuis près de cinquante
ans, est passée au peigne fin. Appelée constamment à faire face à des situations
conjoncturelles, l'élaboration des textes constitutionnels congolais ne s'embarrasse
nullement des principes constitutionnels de base. L'excessive modification de
ces textes sert en principe à adapter le droit au comportement perpétuellement
fuyant des dirigeants. Leur mise en application semble destinée à assurer un objectif
autre que celui pour lequel ils avaient été pris.