Comment ils nous ont volé le football : la mondialisation racontée par le ballon

On tape dans le ballon depuis la cour de récréation.
Entre les buts de handball, dessinés sur le mur du préau, on
s'est esquintés les genoux pour sauver un pénalty. On a fait les
tournois du lundi de Pentecôte, aussi, fallait évacuer les vaches
de la pâture, d'abord, enlever les bouses et passer le rouleau
sur les trous de taupe.
Et le dimanche, qu'il pleuve, qu'il vente, on chausse encore
nos crampons dans les vestiaires...
Que s'est-il passé, alors ?
C'est le même jeu, un ballon, deux équipes, quatre poteaux,
et voilà que ce sport du pauvre brasse des milliards, s'exporte
comme un produit, devient la vitrine triomphante, clinquante du
capital.
Que s'est-il passé ?
Rien, en fait. Juste que l'argent a envahi toute la société,
lentement, depuis trente ans, et que le football en est
le miroir grossissant.
C'est une histoire économique que ce sport nous raconte, à
sa manière, des années 60 à aujourd'hui, de la libéralisation
des ondes à la mondialisation des marques jusqu'aux fonds de
pension.
Le ballon, comme un monde en plus petit.